Depuis le début de ma prise de conscience photographique en 1995 jusqu’à fin 2008, je me suis toujours, et en priorité, focalisé sur mon propre mouvement, des prémices de l’errance à l’apprentissage de la déserrance. C’est donc tout à fait cohérent que j’ai pu, au bout d’un certain temps, avoir envie de m’intéresser au mouvement de l’autre. Cette réflexion m’a incité naturellement à m’orienter vers la danse. En premier lieu, j’ai choisi de faire moi-même de la danse parce que je considérais qu’il était important que je ressente (un peu) ce que pouvait ressentir un danseur dans son corps, dans ses muscles, dans sa tête. En second lieu venait logiquement le temps de la prise de vue. Fin 2010, Yohan Vallée, un jeune homme, danseur étudiant, apprenti chorégraphe, comédien en devenir, a croisé mon chemin et m’a invité à le suivre pendant six mois. De salles de danse en plateaux de théâtre, de trajets ferroviaires en réunions de travail, j’ai eu accès à tout, à lui d’abord, et aussi à son collectif Appel d’Air qui est devenu une compagnie depuis. Sous mes yeux, devant mon Leica, j’ai vu naître un groupe, j’ai vu certains douter, certaines se violenter pour repousser leurs limites, d’autres se découvrir, d’autres encore s’aimer… au fil des représentations. Que pourrait bien demander de mieux un photographe qui garde toujours dans un coin de sa tête l’adage célébré d’Hervé Guibert : « Sans désir, pas de photographie » ?
Avec Yohan Vallée, Théo Bluteau, Pierre Koestel, Margaux Lecolier, Romain Pageard, Pauline Phélix, Faustine Pont, Lucie Raimbault, Nadir Sönmez, Ana Taleb
2010/2011






























