Début mars 1996, alors jeune étudiant en école cinématographique supérieure, anéanti par la disparition de Marguerite Duras, j’assistais parmi la foule d’anonymes à la messe qui lui était dédiée à l’Eglise Saint Germain des Prés, vibrante d’India Song.
Début mars 2005, je décidais d’aller passer trois mois en Asie du Sud-Est sur les traces de Marguerite. L’Indochine n’existant plus, je réalisais un travelling photographique entre la Thaïlande, le Vietnam, le Cambodge et le Laos. Pour « retrouver » Marguerite, je m’imposais une douce discipline : je lisais ses livres que je ne connaissais pas encore le matin et je photographiais mes déambulations l’après-midi. Je dois avouer que le résultat obtenu ne me convenait pas du tout dans un premier temps. Il faut dire que je n’avais pas l’habitude de la photographie numérique qui me permettait de déclencher à foison, puis de supprimer ou de modifier ce qui me dérangeait, ce qui me déplaisait, indéfiniment.
Début mars 2009, un amant ironiquement asiatique me faisait découvrir Fragments, un ensemble d’interviews, de lectures et de séances de travail de Marguerite. Ainsi, je découvrais ce qui manquait à ma photographie : une atmosphère sonore, l’intonation de sa voix, son souffle. Le bonheur procuré par cet enseignement m’avait définitivement convaincu d’utiliser une sélection très stricte de mes prises de vues pour en faire à la fois un livre et un film, ce que je me permets aujourd’hui d’intituler un roman photographique, ou encore un photomovie.















































