La déserrance, c’est ce qui vient après l’errance, après son expérience, après sa nécessité, après sa douleur, c’est aussi un dysfonctionnement, un désordre à ordonner, une perte d’horizon recherchée, trouvée, acceptée et sauvegardée. C’est se destituer errant.
La déserrance, c’est aller jusqu’à oublier le lieu, oublier la route, la ville, le pays, c’est oublier d’être un autre, oublier de rentrer parce qu’il n’y a plus de lieu où rentrer. La déserrance, c’est le lieu même, partout. La déserrance, c’est le hors-champ de l’errance.
La déserrance, c’est la multitude, la multiplication du point de vue unique. La déserrance, c’est la photographie qui ne s’arrête plus, c’est le hors-limite, c’est le hors-beau.
La déserrance, c’est deux hôpitaux psychiatriques qui se regardent, c’est deux hommes qui ne savent plus s’ils s’aiment encore. La déserrance, c’est ma mémoire qui s’efface, c’est fermer ma gueule. Déserrer, c’est posséder sans consommer, aimer sans goût. Déserrer, c’est avaler, synthétiser et évacuer. Déserrer, c’est ne plus avoir besoin d’apprendre. Déserrer, c’est ne plus tricher.
La déserrance, c’est l’âge adulte, de force.
2008/2009




















