La Nef des fous est un mythe. Il apparaît dans un ouvrage écrit en allemand en 1486 par le Strasbourgeois Sébastien Brant. Publié en 1494, c’est un best seller européen. Peintre néerlandais, Jérôme Bosch réalise le tableau homonyme vers 1500. Cette nef est le bateau dont les passagers ne vont nulle part, n’en savent rien et ne s’en soucient pas. Ce navire n’a ni voile ni gouvernail et bat pavillon infidèle. Albrecht Dürer grave ce mythe à plusieurs reprises, Jürgen Weber et Michael Schwarze le sculptent, Philippe Guesdon en tire une série de plus de 200 peintures. En 1954, c’est le point de départ de la thèse de doctorat de Michel Foucault. C’est un film réalisé par Stanley Kramer sorti en 1965 avec Lee Marvin, Vivien Leigh et Simone Signoret. C’est une série de bandes dessinées de Turf publiée depuis 1993. Au fil des siècles, La Nef des fous symbolise la folie des hommes et des femmes qui vivent à l’envers et perdent leurs repères religieux, sociaux, politiques, émotionnels, spirituels, sexuels, familiaux, naturels, professionnels.
Au XXIe siècle, à l’heure de la crise politique, économique, climatique, écologique, sanitaire mondiale, les fous ne sont plus seulement les malades mentaux, les aliénés psychiatriques, les retardés, les illuminés, les reclus, les ermites, les rêveurs, les drogués, les hyper-sensibles, les accidentés de la vie. Nous vivons tous comme des fous dans un monde de fou que nous avons rendu fou. La Nef des fous n’est plus un mythe, c’est notre planète. J’ai pensé cette série durant le confinement de 2020. Je peux peindre n’importe qui. J’ai débuté par mes parents.
Huile sur toiles – 38x46cm













