Vanités

Fin octobre 2014. Deuxième voyage à Mexico City. Les couleurs sont partout. La Fête des Morts se prépare. Les vitrines des magasins s’inventent des ossatures bariolées. Les boulangeries regorgent de pains symboliques et de brioches iconographiques. Les enfants chantent et dansent dans les rues. Les adultes se déguisent en squelettes charnus et jouent à cache-cache dans les parcs fleuris de la ville. Partout, nous rions pour les morts. Le jour dit, les cimetières fleurissent, les familles arrivent par cars entiers avec les mets préférés de leurs disparus et viennent les déguster avec eux en pique-niquant sur leurs sépultures flamboyantes. Le lendemain survenu, le pays tout entier aura célébré la mort dans la vie jusqu’au bout de la nuit étoilée.

Je suis peintre, alors j’ai peint. D’abord, l’omniprésence du crâne humain m’a rappelé un type particulier de nature morte, à implication philosophique, qui évoque à la fois la vie humaine et son caractère éphémère : la Vanité. Si le thème est très ancien, trois mille ans avant Jésus-Christ, il se constituera comme genre uniquement à partir de du XVIIe siècle en Europe. Prisées à l’époque baroque, les Vanités vont quasiment disparaître au XVIIIe siècle, mais renaissent en France avec Paul Cézanne au XXe siècle.

Huile sur toiles – 80x80cm

Janvier 2015. Réfléchissant à comment peindre une nouvelle série à ce propos tout en conservant ma propre identité picturale, j’ai superposé les reproductions de deux Vanités célèbres, peintes par Pieter van Steenwyck et par Philippe de Champaigne, que j’ai reportées à l’identique sur huit toiles de lin noir.

Acrylique sur toiles – 80x80cm